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La loi du silence (1952)

Un film d’Alfred Hitchcock

Suivi d’une intervention de Jean-Baptiste Guillon

Jeudi 10 Novembre 2011, 20h30

Présentation du film par Jean-Baptiste Guillon

Dans les rues de la paisible Québec rôde un meurtrier : le sacristain Otto Keller, déguisé en prêtre, vient de tuer l’avocat Villette pour lui dérober son argent. Il va immédiatement confesser ce crime au père Logan, jeune prêtre de sa paroisse. Rapidement, le déguisement de Keller attire les soupçons de la police sur Logan lui-même, mais ce dernier, tenu par le secret de la confession, refuse fermement de livrer à la police les informations qui l’innocentent. A tel point qu’on commence à s’interroger : ce silence acharné, qui entrave l’enquête et retarde la justice, ne cache-t-il pas autre chose ? Derrière la soutane, n’y a-t-il rien qui vienne ternir la blancheur immaculée de cet homme en noir ?

À sa sortie en 1952, La loi du silence (I Confess) n’a pas rencontré son public. Hitchcock et Truffaut sont d’accord sur la raison de cet échec : le public n’a pas pu accepter le postulat fondamental du film qu’est l’inviolabilité du secret de la confession. Pourquoi diable le prêtre ne parle-t-il pas ? Cette question soulève le problème complexe de l’ambivalence morale du secret, à la fois indispensable protection et inquiétante dissimulation. Nous aborderons rapidement cette question morale en préliminaire de notre réflexion, pour rendre acceptable ou au moins compréhensible ce postulat hitchcockien sans lequel les véritables thèmes du film demeurent totalement opaques.

Car ce qui intéresse ici le maître du suspense, ce n’est pas le secret pour lui-même, mais au contraire le dévoilement progressif dont le secret est la condition préalable. Il touche ainsi à la dialectique du voilé et du révélé, c’est-à-dire à un thème existentiel bien plus fondamental que la casuistique des secrets obligés ou permis.

Un autre thème fondamental est celui de la faute, ou plus précisément de l’échange de culpabilité. S’il est vrai, comme le remarquait Truffaut, que presque tous les films d’Hitchcock racontent l’histoire d’un transfert de crime, il faut reconnaître que ce leitmotiv est particulièrement net dans La Loi du Silence. Ce film nous offre donc une occasion privilégiée pour essayer de mieux comprendre le sens de ce point névralgique de la réflexion hitchcockienne.

Jean-Baptiste Guillon

Moniteur au département de philosophie de l’université de Nantes (CAPHI). Domaines de spécialité : Métaphysique, philosophie de la connaissance, philosophie du langage, sémantique.

Voir sa fiche sur le site du Centre Atlantique de Philosophie.

Podcast

Vous pouvez désormais écouter ou télécharger l’intervention de Jean-Baptiste Guillon ci-dessous. Nous vous conseillons, pour mieux suivre l’intervention, de télécharger le fichier powerpoint ci-dessous (en cliquant sur l’icône). Les changements des diapositives sont automatiques (et suivent le fichier audio ci-dessous).

PowerPoint - 7.1 Mo
Intervention Jean-Baptiste Guillon

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Les questions du public et les réponses de Jean-Baptiste Guillon sont également disponibles ci-dessous :

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